Hors les murs – Echigo Tsumari Art Field

12 juillet – Gare de Tokamachi

Nous quittons Tokyo pour la journée afin de découvrir un nouveau projet. Le gris du bitume et l’agitation urbaine laissent place au vert et au calme. Rizières, forêts et maisons de bois défilent désormais sous nos yeux. Déjà près de deux heures que nous avons quitté Tokyo pour la préfecture de Niigata, les Alpes japonaises. Le changement de décor et d’ambiance est saisissant. Un autre Japon s’offre à nous. Nous sommes impatient de visiter l’Echigo Tsumari Art Field. Ou comment l’Art contemporain participe à la revitalisation d’une région délaissée, touchée par l’exode rural et une économie en déclin.

S.O.S, région en détresse !

Si Fram Katagawa, l’une des références majeures de l’art contemporain au Japon et originaire de la préfecture de Niagata, a choisi Echigo Tsumari comme terrain de jeu, ce n’est pas par hasard. La région souffre. Les jeunes quittent leur campagne pour les villes. En cinquante ans, la population a quasiment été divisée par deux. L’agriculture et l’industrie sont en déclin. Les écoles et commerces ferment.

L’Art Field apparaît donc comme une véritable opportunité pour sauver la région. Chaque année, toujours plus de visiteurs sont accueillis. Ainsi, les impacts en terme d’emplois sont positifs pour la population locale, notamment via l’attractivité touristique croissante ou bien l’entretien des œuvres et des 760 kilomètres carrés que composent cet incroyable musée à ciel ouvert.

Chasse au trésor

Plus de 150 œuvres d’art contemporain sont dissimulées dans près de 200 villages de la préfecture de Niigata. Commence alors un véritable jeu de piste géant, car si certaines œuvres monumentales sont clairement visibles depuis la route, d’autres sont cachées dans la nature. C’est armé de son plan qu’il faudra dénicher M001, Y003 ou D123, références données à chaque œuvre.

Au menu, des artistes Japonais peu connus, à l’instar de Hachi et Seizo Tashila qui ont installé un musée inattendu dans une école abandonnée. Des d’artistes contemporains internationaux renommés sont également de la partie. On retrouve par exemple une installation permanente de Christian Boltanski ou une sculpture colorée et féerique de Yayoi Kusama.

Dans tous les cas (et c’est ce qui fait d’après nous l’une des principales forces du projet), chaque œuvre résonne en écho avec la région et ses habitants. L’ensemble des artistes collaborant avec Echigo-Tsumari sont d’ailleurs vivement encourager à séjourner dans la région afin de mieux comprendre les enjeux et connaître davantage la communauté locale.

Une formidable initiative, créative et audacieuse qui mérite bien d’être visitée par tous les curieux, désireux d’aventure, avides de découvrir une autre facette d’un Japon injustement méconnu.

Plus d’infos sur : echigo-tsumari.jp/eng

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