Donner, réparer & sauver – Second Life Toys

7 juillet 2017 – Dentsu Building / Tokyo

C’est pas tout à fait remis des seize heures de décalage horaire avec San Francisco que nous abordons cette nouvelle journée, qui s’annonce riche en partage et créativité. Nous avons rendez-vous avec Togo, creative technologist, au 35ème étage du Dentsu Bulding, qui accueille les bureaux du plus grand groupe de communication du Japon du même nom.

Le projet que nous allons découvrir porte le nom de Second Life Toys. Il a été lancé en 2016 par Togo Kida et Akira Suzuki, tous deux désireux de travailler sur un projet utile pour la société : le don d’organes pour les enfants. Pas question pour les deux créatifs de concevoir une n-ième campagne au ton grave et alarmant. Ils choisissent d’offrir aux Japonais une nouvelle façon, créative, plus positive et gai, de s’emparer du sujet.

THE BIG IDEA !

L’idée qui leur vient est tout simplement géniale : récupérer des peluches abîmées et leur offrir une « seconde vie » grâce aux dons de peluches neuves.
Pour cela, une plateforme en ligne a été créée, permettant aux enfants (et aux plus grands!) d’envoyer leur vieille peluche afin qu’elle puisse être rafistolée par une greffe. On retrouve ainsi les deux catégories suivantes sur le site : « donner une peluche et devenir donneur » ; « réparer une peluche grâce à une greffe ». Plus concrètement, l’oreille de votre lapin en peluche servira à rafistoler celle d’un vieil éléphant abîmé. On adore !

Afin d’ancrer leur message et de le faire perdurer, chaque enfant reçoit à la suite du don de son jouet, une lettre de remerciement du propriétaire de la peluche réparée.
Cette jolie métaphore s’avère être un excellent moyen de sensibilisation. Par sa simplicité et sa touche d’humour, elle ouvre une porte aux japonais, petits et grands, souvent très fermés à ce sujet.

Un tabou pour la société japonaise

Le don d’organe est plutôt tabou dans le pays. En effet, au Japon, seulement 2% des malades beneficent d’une greffe. Au niveau législatif, le gouvernement a plutôt tardé à mettre en place des mesures. La première loi, très stricte, est écrite en 1995 (soit presque 20 ans après la France) et fait appliquer le principe du consentement présumé en matière de don d’organes. En 2010, la loi japonaise s’assouplit  en annulant le principe de double consentement de 1995 (donneurs et famille) et en permettant aux enfant de moins de 15 ans d’être donneur.

Si l’idée a vu le jour, c’est aussi grâce à Dentsu qui a soutenu ses deux employés dans leur démarche. Togo et Akira réussissent ici à prouver avec brio que la publicité n’est pas qu’une affaire de business et peut aussi contribuer à participer à la construction d’un monde meilleur.

Cette entrée a été publiée dans Japon. Sauvegarder le permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *